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Écrit par db   
Lundi, 01 Août 2011 16:01

13/09/2009

Coquillette, libraire résistant à la rentrée littéraire

LIBRAIRIES - LibéLyon inaugure une petite série, qui va s'étirer en flânant sur quelques dimanches. Des portraits de librairies indépendantes de l'agglomération lyonnaise. Et il y en a, de différentes, d'enrichissantes, d'appétissantes (etc.). Pour commencer, la librairie Coquillette, près de la place Sathonay...

Sur les 650 romans de la rentrée littéraire, Daniel Berland en a choisi… six ! Six livres,  dont "Un homme louche", de François Baune (lire). Six livres dont il parle avec passion, et qu’il a commandés par dizaines d’exemplaires, pour en faire profiter les lecteurs de sa liberté (là, c'est un si joli lapsus que nous n'avons pas le coeur à l'enlever. Le correcteur) de quartier, Coquillettes, derrière la place Sathonay. Les 400 autres services de presse qu’il a lus cet été sont prêts à repartir, amassés dans des cartons au sol, ne dérangeant pas les livres qu’il aime et qu’il a placé bien visibles sur plusieurs tables disposées en marguerite et classés par degré de plaisir : « un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ». Sur la table « a la folie », il y a les grands classiques qui l’accompagnent et qu’il vend régulièrement : Gracq, Michon, Pessoa, ou encore un roman d’amour d’Annie Dillard, passé un peu inaperçu, et qu’il continue de défendre longtemps après sa sortie.

Vendeur ou libraire ?

« On n’est obligé de rien » précise Daniel Berland en faisant référence à ce qu’il appelle les « mini-fnac » qui veulent bien vendre le dernier roman placé sur l’orbite médiatique. Quand un apôtre intéressé lui dit qu’un livre se vend bien pour tenter de le convaincre, il répond que « dans les années 70, l’amiante se vendait très bien ». Il ne prétend pas, le bienheureux, désamianter toute la littérature contemporaine, mais simplement constituer une chaîne vertueuse à l’échelle de son quartier, pour apprécier la littérature. « Ce qui compte, c’est qu’un livre soit bien écrit, et c’est à l’aune des grands classiques qu’il doit s’apprécier. » D’où la présence de figures tutélaires sur la table qu’il aime « à la folie ». Il ne comprend pas bien les libraires qui peuvent vendre des livres qu’ils n’aiment pas. « Vendre ce qu’on n’aime pas, ce n’est plus de la librairie, c’est de la vente. On n’est pas vendeur en librairie. On est vendeur ou libraire. »

Coquillettes s’agrandit

La librairie Coquillettes, elle, est née presque par hasard. Daniel Berland écrivait des livres pour enfants, comme « Les Aventures de Tatane et Galoche », qu’il éditait de chez lui, sur la petit place Fernand Rey. La maison d’éditions, fondée il y a un un an et demi, s’appelait déjà Coquillettes, en référence aux mythiques soirées jambon et coquillettes, qui annoncent le retour de l’école. La vie de quartier mène à tout : un jour, un local se libère en bas de chez lui. Il décide d’en faire un bureau. « Quitte à en faire un bureau, autant vendre les livres qu’on fait puis, par extention, les livres qu’on aime. » La petite maison d’édition devient alors en septembre 2008 une librairie du même nom, en référence aux « coquilles » d’imprimerie. « C’était aussi une façon de dire que c’était une petite librairie destinée à rester petite, assumant un choix très subjectif, précise Daniel Berland. On est un peu comme les chercheurs d’or de Jack London​, on cherche des pépites. Avoir déjà quatre belles surprises lors d’une rentrée, c’est déjà très bien. » Car Coquillettes peut commander jusqu’à soixante exemplaires d’un livre aimé et le défendre longtemps, comme « Le Songe musical » de Jean-Yves Tadié, grand proustien devant l’éternel, qui est encore sur les tables en marguerite.

Coquillettes n’est même pas informatisée mais a déjà réalisé pour sa première année, la plus dure en librairie, plus de trois fois ses objectifs. Alors, pour son premier anniversaire, elle s’agrandit, de l’autre côté de la rue, pour favoriser les rencontres et les lectures sur place, dans un espace dédié cette fois aux sciences humaines, petite sœur jumelle intitulée « Coquillettes l’appart ». Dans le restaurant voisin, chez Albert, un écran de projection viendra faire revivre des grands entretiens d’écrivains ou des soirées à thème lors des nocturnes de la librairie, en partenariat avec Arte ou l’INA. De deux employés et demi aujourd’hui, Coquillettes agrandira bientôt sa famille. Mais sans changer de philosophie : faire découvrir des livres qu’on aime, à l’échelle d’un quartier.

Luc Hernandez

Librairie Coquillettes, 6 place Fernand Rey, Lyon 1er. Ouvert du mardi au samedi de 10h à 20h. Nocturnes jeudi et vendredi jusqu’à 22h et plus.

Petit clip de présentation

Mise à jour le Lundi, 29 Août 2011 16:58
 
 

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